DOGAL DI CELLA
Cordes et accessoires pour instruments de musique

L'origine du nom Dogal est aussi ancienne que l'adjectif dont il est dérivé, dogale, c'est-à-dire "du doge", qui a la même racine latine que duc. C'est donc l'histoire d'une famille dont le lignage est solidement enraciné dans le lointain passé de l'antique République de Venise, et qu'éclaire un mince fil conducteur : l'histoire de la musique. Musique composée, jouée, imprimée, musique qui prenait corps dans les instruments et âme sur les cordes, musique appréciée et considérée comme un art de vivre.
Les fondateurs de l'actuelle tradition de Dogal étaient déjà célèbres au milieu du siècle dernier comme importateurs pour l'Italie des pianos Bechstein et Steinway. Pour découvrir et sélectionner les meilleurs instruments possibles pour le marché Italien, même lorsqu'on peut choisir parmi les plus prestigieux facteurs étrangers, être un bon homme d'affaires ne suffit pas. Mais si l'importation des pianos est une chose, celle des clavecins en est une autre. Cet instrument baroque, délicieusement italien, n'avait qu'un défaut : celui de ne plus être fabriqué.
En fait, depuis plus de trois siècles, ces instruments n'étaient plus produits en Italie, du moins pas selon l'exigence de qualité rêvée par un mélomane passionné comme Pierluigi Cella. Finalement, c'est Cella lui-même qui, vers 1940, conçut et fabriqua son clavecin. Le résultat de ses recherches fut un instrument avec des caractéristiques révolutionnaires, qui ne se contentait pas de recréer le son de la tradition baroque, mais l'améliorait réellement. La Seconde Guerre mondiale, tout en contrariant de plus amples recherches à ce sujet, vit la venue de nouvelles technologies et matériaux, dont Cella put tirer parti.
Bien sûr le clavecin n'était pas aussi populaire que le piano, mais ceux qui furent assez chanceux pour entendre l'invention de Cella ne purent manquer de remarquer qu'il y avait là un mystère. Les plus attentifs des auditeurs finirent pas découvrir que l'instrument utilisait des cordes d'un type jamais vu auparavant, fabriquées par un petit artisan de Venise, à en juger par le nom, Dogal, réalisées en fait par Cella lui-même.
La famille Brocco, originaire de Venise, était présente en Vénétie depuis les années 1880 avec une chaîne de magasins de musique qui diffusait de prestigieuses marques telles que Begstain (Bechstein) et Steinway. En contact étroit avec des artistes de réputation mondiale, et constatant la pénurie de cordes pour les instruments à archet, Luigi Cella décida de jeter les bases de sa propre production au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Alors qu'il était à la tête de la division chargée de la fabrication des cordes, une opportunité le poussa à former dans ce but, en 1950, une entreprise autonome qu'il appela Dogal Corde Armoniche, en hommage aux doges et à la ville de Venise, où l'entreprise est située. Tirant parti de la proximité du théâtre de La Fenice, et des artistes y résidant qui offraient leur collaboration, Cella commença la production des premières cordes Dogal pour violon.
Avec les traditionnelles cordes en boyau comme point de référence, son objectif était d'obtenir un son brillant et puissant sans sonorité métallique. L'âme en acier de chaque corde était recouverte d'une succession de couches, dont la dernière, innovation capitale à cette époque, était laminée, offrant de ce fait une surface lisse au toucher. Le résultat du contact avec les crins de l'archet engendre un timbre riche et suave, d'une puissance considérable. C'était en novembre 1952, et la Linea Verde (Ligne Verte) de Dogal était mise sur le marché, la première de ce qui allait devenir une gamme de quatre.
Avec l'évolution naturelle des matériaux disponibles, la Linea Rossa (Ligne Rouge) et la Linea Blu (Ligne Bleue), connue aussi sous le vocable de Ligne de Concert, apparurent par la suite. En 1990, Dogal Corde Armoniche proposa sa ligne en boyau synthétique, réalisée à partir d'une âme multifibres proche du tergal, avec des couches supérieures en aluminium et argent natif.
Bien que plus cinquante années aient passé depuis la fondation de l'entreprise, l'essentiel du processus de fabrication est toujours réalisé à la main, avec une tolérance minimale pour le calibre de chaque corde, comme seules les mains expertes d'un maître-artisan peuvent en produire.
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